Partage de bonnes pratiques
Une boulangerie se recentre sur l'humain pour améliorer l'ambiance de travail et le rendement de ses équipes
Au début de l'année 2011, Didier Otten a fait appel au service conseil de l'IFP. Un an s'est écoulé. Nous l'avons rencontré pour évaluer le résultat des actions entreprises et recueillir son témoignage.
« Un déclic suite à une erreur »
Q : Qu'est-ce qui a déclenché en vous cette prise de conscience sur la nécessité de développer les relations humaines en entreprise ?
R : En fait, j'ai suivi, par erreur, un cours sur l'intelligence émotionnelle. Ma femme croyait m'avoir inscrit à un cours de gestion ! Un déclic s'est fait immédiatement. Je connaissais quelques soucis au niveau du travail en équipe, entre vendeurs et ouvriers... A travers les thèmes proposés dans ce séminaire, j'ai compris qu'il était indispensable d'installer un dialogue, pour encourager un véritable travail en équipe au sein de mon entreprise.
Q : Comment avez-vous procédé ?
R : J'étais en relation avec un consultant qui m'a mis en rapport avec l'IFP. Ce consultant m'a proposé, en collaboration avec l'IFP, différentes actions en fonction de mes attentes.
Tout d'abord, nous avons identifié quatre personnes en interne qui pouvaient faire office de « personnes ressources ». Nous avons ensuite travaillé sur leur description de fonction, sur les relations d'équipe et sur leur futur rôle de tuteur.
Ensuite, nous avons rencontré individuellement l'ensemble des travailleurs de l'atelier. Nous les avons écoutés. Ils ont eu l'occasion de s'exprimer sur leurs conditions de travail, sur leur bien-être et, surtout, sur leurs besoins en formations. Ces besoins concernaient aussi bien des améliorations techniques que des aspects relationnels. A titre d'exemple, ils ont mentionné l'amélioration de leur communication ou encore la gestion des inévitables conflits lorsqu'on travaille en groupe.
Le consultant a rédigé une synthèse de ces besoins. Puis nous en avons longuement discuté entre membres de la direction, avant de la soumettre à l'ensemble du personnel réuni. Cette séance plénière a été un moment d'échange sur les contraintes, mais aussi sur les opportunités, de notre société en pleine évolution. Les formations proposées portaient sur des aspects techniques mais aussi relationnels, car nous savons que de bonnes relations favorisent l'efficacité du travail en groupe. Un plan annuel de formation a été réfléchi avec le consultant et doit encore évoluer au cours des mois prochains.
Grâce à l'intervention de l'IFP, aujourd'hui chaque ouvrier possède une description détaillée de sa fonction, connaît ses collègues et sait à quel responsable il doit rendre des comptes quant à la bonne exécution de ses différentes tâches. Il sait quelles compétences il lui faut acquérir pour améliorer sa performance. Il connaît la personne chargée de le remplacer en cas d'absence et est parfois amené à la former. Il accepte que son travail soit évalué annuellement et que son entretien avec son responsable vise à un processus d'amélioration continue.
L'ambiance dans l'atelier, la qualité du travail fourni et, d'une manière plus générale, la propreté, se sont clairement améliorées.
Q : Comment ont réagi ces personnes ?
R : Très positivement. L'une d'elle m'a même avoué qu'elle avait pensé à quitter l'entreprise car elle s'ennuyait. Grâce à ce service, elle s'est découvert de nouvelles responsabilités. Elle apprécie particulièrement de former les nouveaux arrivants. Un chef d'atelier a suivi des cours de PNL et chacun en ressent un bénéfice dans ses relations avec l'équipe.
[PNL = programmation neuro linguistique : ensemble de connaissances et de pratiques dans le domaine de la psychologie, fondées sur une démarche de modélisation, en ce qui concerne la communication et le changement, NDLR]
« Savoir être ce que nous attendons des autres... »
Q : Quel a été pour vous le bénéfice direct de ce service conseil de l'IFP?
R : Une prise de conscience tout d'abord. Quand un jeune arrive dans votre entreprise, rappelez-vous ce que vous avez ressenti quand il s'agissait de vous. Un jeune m'a dit, après cette expérience : « C'est la première fois que je me suis senti important ». Alors, n'oubliez pas : rendez-les important.
On rejette trop souvent la faute sur des causes externes : les jeunes sont 'trop ceci', 'pas assez cela'... Alors que la solution est d'abord à trouver chez soi. Il faut savoir être ce que nous attendons des autres. Des valeurs comme le respect, l'engagement, la loyauté doivent d'abord être données pour être reçues.
Ce projet nous a permis d'aménager un temps de réflexion, de retour sur nos pratiques à travers un décodage, une analyse par une personne externe et neutre. Ce consultant nous a aidés à construire notre approche pour une véritable gestion humaine.
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